Rien de mieux comme convalescence pour le corps et l’âme que des retrouvailles amicales, enserrées entre le bleu argenté de la Méditerranée et l’azur rétif d’un automne qui tarde à revêtir son chandail de grisaille.
Au programme de ces trois jours trop fugaces : le goût des bonnes choses, cette passion si française pour la cuisine et la conversation, quelques flacons mémorables si vite évaporés, le gai tintement du cristal qui scelle les promesses de d’amitié et des projets d’avenir, des chapelets de rires qui valent serment pour les années à venir, de franches discussions pour débusquer un sens à la folie du monde, des parties de pétanque où les soucis se tirent et le bonheur se pointe et des siestes mémorables pour que les rêves prennent enfin corps.
Merci les amis d’être là, pour que la bonne humeur m’aide à me réparer plus sûrement que des jours immobiles et des appareillages technologiques. Une vie réussie se mesure en définitive à la la somme de journées si magnifiquement vécues, à la solidité des liens qui nous unissent pour œuvrer à un monde meilleur et dans cette légèreté qu’il faut avoir souvent au fond de l’âme, qui s’exprime parfois dans une larme de joie, une accolade virile ou un regard scintillant. C’est la plus belle preuve de nos cœurs sont battants, cet électrocardiogramme quotidien et personnel, cet organe essentiel qui bat la chamade pour l’amour de la vie et des autres… dont vous êtes les plus dignes représentants !
Je vous laisse avec ces mots de Camus qui s’y connaissait mieux que personne pour nous montrer la voie des grands engagements, des combats nécessaires dans la pénombre de ce monde si souvent absurde.
« J’ai rencontré dans l’histoire depuis que j’ai l’âge d’homme beaucoup de vainqueurs dont j’ai trouvé la face hideuse. Parce que j’y lisais la haine et la solitude. C’est qu’ils n’étaient rien quand ils n’étaient pas vainqueurs. Pour être seulement, il leur fallait tuer et asservir. Mais il est une autre race d’hommes qui nous aide à respirer, qui n’a jamais trouvé d’existence et de liberté que dans la liberté et le bonheur de tous et qui puise par conséquent jusque dans les défaites des raisons de vivre et d’aimer. Ceux-là, même vaincus, ne seront jamais solitaires. »


















